Intervention par Manolis Karantousas- Président du Fédération Nationale des Travailleurs de l’Alimentation et des Boissons de Grèce

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Réunion de l’UIS AGRO – Europe

Juin 2019, Paris France

Chers collègues,

de la part du PAME et de la Fédération des Travailleurs de l’Alimentation et des Boissons je salue les travaux de UIS Agro

Nous tenons à remercier notre UIS d’avoir répondu à notre invitation à assister aux travaux de notre 30e congrès le dernier février.En particulier, notre collègue, Christian Allium, pour l’excellente coopération que nous avons eue et le dialogue constructif qui s’est déroulé entre nous.Nous souhaitons toujours remercier la FSM et le Secrétaire Général MavrikosGiorgos pour l’honneur qui a rendu et il a salué l’ouverture de notre congrès.

La situation dans l’industrie et le rôle des multinationales

L’industrie alimentaire est le principal employeur, représentant un quart (26,4%) de toutes les entreprises du secteur de transformation grec et occupe ainsi la première place, en termes des chiffres d’affaire de 25,2% environ. Plus de 1 240 entreprises sont actives avec des ventes de plus de 16,4 milliards de euros par an. Dont environ 30 représentent le 60% du chiffre d’affaires et plus de 80% des profits de l’industrie.

Selon une étude de l’OCDE, en Grèce, le travailleur moyen a 57% de chances de voir son poste de travail partiellement ou totalement affecté par l’automatisation des machines. Les travailleurs les plus exposés sont les travailleurs peu qualifiés dans les secteurs de la transformation, de l’agriculture, de la construction et des services (propreté, vente, conducteurs, etc.).Les tendances décrites sont

(a) l’ouverture à l’extérieur, c’est-à-dire les activités d’exportation où les multinationales ont un rôle essentiel à jouer en gagnant encore plus de profits. Dans le même temps, les travailleurs ont du mal à consommer les produits alimentaires qu’ils produisent eux-mêmes quotidiennement ou sont forcés d’acheter des aliments de faible valeur nutritive.

  1. b) La concentration des terres par les multinationales et les capitalistes a comme résultat et comme but également, au cours des prochaines années, d’avoir besoin de moins de mains d’œuvre dans le processus de production verticale et automatique, d’exterminer les 800 000 petits et moyens agriculteurs.
  2. c) LOGISTIQUE et sa présence en tant qu’ “objectif national”Le gouvernement actuel, ainsi que les précédents avec les entrepreneurs en logistique, cultivent une fausse image de développement du secteur et de création de milliers d’emplois. Dans le même temps, dans les grandes entreprises logistiques qui quasiment appartiennent ou sont en partenariat avec des multinationales, les travailleurs travaillent souvent pendant 16 heures, sans pause, sans congé ni jour de congé, et inversement, lorsque la production baisse, le travail est ajusté à 3 ou 4 jours, c’est-à-dire à 4jours de travail, et pendant la période de développement et de crise capitaliste ceux qui perdent ne sont que les travailleurs.La transformation de la Grèce en un centre de transit de l’Europe du Sud-Est a pour conséquence de détériorer et d’affaiblir la base de production de notre pays, ainsi que la détérioration de la qualité de l’alimentation qui est réalisée avec la bénédiction de l’UE.

Sur la base de ce qui précède, nous pouvons dire à titre indicatif que certaines multinationales se sont enrichies au détriment de travailleurs tels que PepsiCo, Heineken, Coca Cola, Nestlé, Friesland Campina, Unilever, Soya, Barilla, mais également des groupes et des entreprises nationaux telles que Nireus, Selonda, Chipita, urimac, newrest, fage, etc.

Le rôle de l’UE

L’UE depuis sa naissance est une union de capital. C’est une organisation impérialiste qui défend globalement les intérêts des monopoles et de la bourgeoisie européenne dans tous les pays. Le caractère de cette UE ne peut pas changer ni devenir bénéfique pour le peuple, comme le disent les sociaux-démocrates et les opportunistes.

Cette UE est une impasse pour les peuples, elle est régie par descompétitions intenses entre les États membres capitalistes, elle comporte de graves risques pour guerres impérialistes entre eux maisaussi entre d’autres associations impérialistes (OTAN) et des États capitalistes, afin de contrôler les ressources productrices de richesses, les routes des transports, elle est liée à la vie et à la sécurité des familles populaires qui travaillent dans chaque pays. Les travailleurs sont eux chaque fois appelés à payer avec leur propre sang la réalisation des plans de guerre.La lutte pour le renversement de cette politique est la seule issue pour les travailleurs et les pauvres. Cette route passe par la confrontation directe des deux mondes, celui du monde des exploiteurs et celui du monde des gens exploités.

Les travailleurs de chaque pays n’ont rien à séparer. Ils ont les mêmes problèmes, les mêmes inquiétudes, ils rêvent d’un monde sans exploitation, sans pauvreté et sans guerres. Un monde où chaque peuple, les travailleurs, contrôleront la richesse qu’ils produisent pour satisfaire leurs besoins modernes. Où chaque peuple pourra coexister et vivre en paix avec les peuples voisins et luttera pour progresser à tous les niveaux. Où il résoudra ses problèmes et assurera un niveau de prospérité vraiment supérieur, fondé sur l’évolution de la science, les possibilités qui existent aujourd’hui au XXIe siècle.

Ça c’est pourquoi, à chaque occasion, nous devons les révéler, soutenir ceux qui résistent. Ce devoir ne peut pas attendre.Une tâche qui, lors des dernières élections européennes, est entrée dans l’action quotidienne des syndicats de classe et des travailleurs radicaux. Le véritable dilemme que nous avons révélé vis-à-vis des travailleurs était s’ils vont renforcer avec leur vote la continuation sur cette voie de l’exploitation capitaliste ou si nous lutterons pour mettre fin à l’exploitation de l’homme par l’homme, qui est dans nos valeurs fondatrices de notre fédération et des syndicats de classe de notre pays.

Les partis bourgeois ont mis des dilemmes tels que le progrès-conservatisme, développement équitable – développement durable, des dilemmes qui ne concernent pas les travailleurs, qui sont enfin les victimes de toutes ces versions. Par exemple, comment c’est un progrès la participation de la Grèce à l’UE et à l’OTAN, quel est l’avantage du développement des employeurs pour les travailleurs, ce qui implique toujours de porter atteinte aux droits des travailleurs, etc.?

Nous considérons que le résultat des élections européennes dans notre pays et dans le reste de l’UE est négatif : l’alternance des formes et des partis au service de la voie du développement capitaliste ne signifie rien de bon pour les peuples. La montée des partis d’extrême droite et fascistes dans les pays de l’UE est basée sur la politique antérieure qui avait dévastée la classe ouvrière et les couches pauvres, et pour laquelle les grands responsablessont les sociaux-démocrates et les eurocommunistes. La conservatisation de larges couches populaires dans cette direction est une aide pour la bourgeoisie. Le fascisme-nazisme est un pur produit du capitalisme et est finalement combattu en le renversant comme l’a montré l’histoire.

L’action de la fédération et des syndicats du secteur

Nous avons mis en accent le front principal et fondamental, la signature et l’existence de Contrats Collectifs de Travail. De l’EGSSE (le Général Contrat Collectif National), le Contrat Collectif d’industrie, ainsi que des contrats collectifs d’entreprises à travers 11 grèves générales.En 2018, nous avons mené une grève sectorielle pour signer un Contrat Collectif pour tous les travailleurs du secteur et le même jour nous avons organisé un rassemblement au siège des employeurs.Nous avons défendu la nature sociale et publique de l’assurance, nous nous sommes opposés à travers une grève à la loi catastrophique de SYRIZA.

Nous nous sommes opposés aux licenciements des travailleurs pionniers, mais aussi aux fermetures d’usines (p.ex. : NESTLE).Nous avons développé des actions pour le paiement des salaires, pour arrêter le travail non assuré.Nous avons défendu le droit de grève contre les coups que le gouvernement et les autres partis bourgeois ont lancés.Nous avons participé à des protestations contre les ventes aux enchères et les saisies des maisons des travailleurs.Nous avons fait preuve de solidarité dans les régions touchées par des inondations, des incendies et autres catastrophes qui ont coûté la vie à des centaines de gens, ainsi que la fortune des familles populaires et ouvrières.Nous avons manifesté notre solidarité de classe dans les luttes de l’alliance sociale dans les mobilisations des paysans pauvres aux barrages, lors des rassemblements qu’ils ont organisés.Des interventions significatives ont été faites pour les travailleurs migrants travaillant dans le secteur. Nous avons fait un travail spécial pour les travailleurs de la terre.En coordination avec les Fédérations de CONSTRUCTION-MEDICAMENT-VÊTEMENT ET CUIR et des DEPARTEMENTS REGIONAUX nous avons demandé du gouvernement de prendre des mesures contre la violationdes droits humains et des droits du travail de milliers d’immigrants.

À travers la ligne de lutte de classe ininterrompu, le conflit avec le gouvernement SYRIZA et les employeurs contre la ligne et le compromis appelé par les syndicats jaunes comme la GSEE dans notre pays, nous avons développé cette action riche. Grâce à cette ligne qui soutient le PAME et la FSM dans tout le monde, nous avons réalisé du progrès significatifdans l’organisation des travailleurs dans les syndicats de l’industrie. Cela a été reflété dans le 30e Congrès de la Fédération le février dernier et nous avons enregistré une augmentation de 50% de nouveaux membres, ainsi que la création de nouveaux syndicats, contribuant à la revitalisation et à la reconstruction du mouvement ouvrier en Grèce.

En faisant un petit bilan, nous voudrions noter que l’action et l’intervention des syndicats militants européens, les étapes de leur coordination et le développement d’actions communes ne se situent pas au niveau souhaité. Néanmoins, nous mentionnons les actions du PAME et de notre Fédération pour soutenir les mobilisations des travailleurs français. L’accueil des délégations des Départements Régionaux de France en Grèce, mais aussi des syndicalistes d’autres pays.

La réalisation du Forum des Syndicats des Balkans organisé par la Fédération de BoissonsEmbouteillées à Thessalonique. Le Conseil Présidentiel de la FSM organisé par le PAME à Athènes. Le 1er mai, dédié à l’action des syndicats contre l’impérialisme et lequel l’ambassadeur de Palestine en Grèce a salué à Athènes. Nous notons également ici l’énorme participation des travailleurs et des jeunes à la campagne de la FSM pour la libération de la jeune Palestinienne Ahmed Tamimi, qui, après sa libération, nous a visités en Grèce.Il est aussi important de mentionner les actions importantes réalisées dans des entreprisesmultinationales, en coordination avec les syndicats d’autres pays, tels que lachinoise COSCO, l’italienne AUTOGRILL, coca cola, Nestlé.

En outre, chers collègues, nous considérons qu’il est important dans notre débat sur l’Europe de constater le rôle sale et dangereux de la Confédération Européenne des Syndicats. Une caractéristique de son rôle est que lors de son Congrès a reçu les félicitations, les câlins et les bisous de la Commission Européenne.Vous avez peut-être vu la photo de Juncker en train d’embrasser son président préféré de la CES. Comme il est le meilleur promoteur des positions de l’UE, il est financé à 75% par les institutions européennes, tandis qu’il n’a pas parlé ni d’une demi-heure de grève.Ils sont des cadres qui sont payés des milles d’euros pour réduire les salaires des travailleurs, pour accepter l’abolition des droits et devenir un mécanisme des employeurs.

Ils sont arrivés au point de lancerdes mensonges, l’anticommunisme et la boue des fascistes contre les syndicats qui luttent, comme ce fut le cas en Grèce.C’est précisément la raison pour laquelle leurs travailleurs les quittent et la CES elle-même dit dans ses textes que ses syndicats sont maintenant exposés au risque de disparition en raison du manque de membres.Aujourd’hui, nous avons besoin de syndicats de masse, militants, qui soient en conflits avec les multinationales et l’UE, qui révèlent la nature de classe de la société, le rôle anti-ouvrier de l’UE, pour intensifier le front avec la CES et les forces de la coopération de classe.

Au cours de la prochaine période, avec des initiatives plus vigoureuses, nous soutiendrons l’action visant à créer un pôle syndical militant distinct en Europe, afin de renforcer la FSM avec de nouveaux membres. Afin de contribuer plusconstamment à l’effort de la reconstruction du mouvement ouvrier au niveau international.

Le 7/6 a été qualifié par l’ONU la journée mondiale pour la nourriture, dans une planète mal nourrie et frappée par la faim.C’est pourquoi nous proposons une journée d’action commune en Europe, le 16/10, désignée par la FAO comme la journée mondiale contre la faim.Cette action peut s’exprimer sous toutes les formes de lutte, mais également dans les interventions thématiques au sein d’usines et de groupes monopolistiques à travers l’Europe.

Notre organisation sectorielle peut aider cette action à réussir, à mobiliser les travailleurs et les syndicats sur ce grand problème.

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