Séminaire international PAME, 17 juin Salutation de la Fédération des Médecins des Hôpitaux Publics-OENGE

0

Je m’appelle Mary Agrogianni, je suis la Secrétaire Générale de l’Association des Médecins d’Athènes et de la Fédération des Médecins des Hôpitaux Publics-OENGE.

Je travaille à l’hôpital public de Nikaiaen tant que médecin à l’unité de soinsintensifs Covid.

Au nom des travailleurs de la santé de Grèce, nous avonsl’honneur de saluer les syndicats militants d’Europe et la direction de la FSM dans l’événementd’aujourd’hui pour l’expérience des luttes pendant la pandémie. Comme les 2 annéesprécédentesontétéunepériode très riche en actions militantes et enexpériences pour les travailleurs de la santé et les médecinsenGrèce et dans le monde entier.

Nous soulignons que les travailleurs de santé militants ontlutté pendant des annéesavant la pandémie pour la défense et l’amélioration des services de santépublique, pour le droit à des soins de santéexclusivement publics et gratuits pour tous. Nous n’avons jamais accepté la logique de la commercialisation des soins de santé.

Dans cescirconstances, avec l’annonce du premier cas de COVID dans notre pays, nous avonsréalisé que nous avions la responsabilitéd’entamerunelutteénorme, unelutte pour la santé et la vie de notrepeuple. Nous avions déjà vu les images des hôpitauxd’autres pays, de l’Italievoisine, de Bergame et de Brescia. Les centaines de morts, les travailleurs de la santéépuisés. Nous voyions petit à petit les systèmes de santéprivatisés de l’Europe, que tous les gouvernementsenGrèce nous présentaientcomme un modèle, êtredémoliscommeune tour faite de sable.

Les syndicats des hôpitauxgrecs, la Fédération et les associations de médecins des hôpitaux publics ontétédès le début en première ligne pour faire face à la pandémie. Dans les hôpitaux, enfaisantnotre devoir de médecinscontre la pandémie, noscollèguessonttombésmalades, ont perdu la vie dans la lutte pour la vie. Maisenmême temps, nous étions dans la rue, en première ligne pour l’organisation des revendications. Contre le récit du gouvernement  “d’unanimité et d’uniténationale” face à une soi-disant menace invisible. Contre la logiquecultivée par SYRIZA et sessympathisants dans les hôpitaux qui nous appelaient à ” répondre plus tard”, unelogique qui disaiten substance de ne pas lutter pour nos vies, maisd’attendre que les électionsarrivent pour voter pour un nouveau gouvernement.

Le 18 mars 2020, le gouvernement de la Grèceainterdit les rassemblements de plus de 10 personnes.

Le 19 mars 2020, le lendemainmême de l’interdiction, les militants de la santéontbrisél’interdiction. Devant le ministère de la Santé, nous avonsréaliséunemobilisationsymbolique de 20 médecinssyndicalistes du PAME.

Avec nospoingslevés et le slogan “sous les masques nous avonsunevoix”, nous avonstransmis le message de la désobéissanceorganiséemaisaussi de l’espoir.

Quelquesjours plus tard, le 7 avril, journéemondiale de la santé, nous enavons fait unejournéed’action, de lutte et des revendications.

Avec les syndicats de classe, nous avonsorganisé des mobilisations dans 157 hôpitaux et centres de santé, brisantainsi le “confinement à l’action des syndicats” que le gouvernementvoulait imposer.

Tout au long de la pandémie, nous n’avonscessé de dénoncer la pénurie, les lacunes par le sous-financement du système de santépublique. De la lutte pour les masques et les équipements de protection individuelle au début, à la lutte pour les respirateurs et l’oxygène par la suite, nous n’avons pas cesséd’exiger des mesuresspécifiques pour renforcer les hôpitauxen personnel, en infrastructure et enéquipement. Nous avonsmontré que l’assurance du gouvernementselonlaquelle “nous sommes protégés contre le virus” était un énormemensonge.

La demande de réquisitionréelle et inconditionnelle du secteurprivé de la santé et son inclusion dans la lutte de la pandémie, posée par OENGE depuis le début de la pandémie, a étéadoptée par des dizaines de syndicats de toutes les secteurs. Elle a révéléqu’à un moment où des dizaines de patients mouraient par intubation en dehors des unités de soinsintensifs, la priorité du gouvernementétaittoujours les profits des cliniques de santéprivées.

Notre lutte ne s’est pas limitée aux murs des hôpitaux. Avec les syndicatsrespectifs, nous avons fait des interventions dans les grands lieux de travail, dans les supermarchés, dans le port. Nous avonssouligné le besoind’équipements de protection individuelle, de contrôlespréventifs, de réduction de la surpopulation sur les lieux de travail et dans les transports publics.

Dans les conditions de la pandémie, qui a étéutilisée par le gouvernement et l’État pour frapper le mouvement, dans des conditions de restriction de la circulation et d’interdiction des mobilisations, OENGE a eusa contribution spéciale pour faire passer le message de résistance et de lutte. Le point culminant est le rassemblement du 1er mai 2020 du PAME, auquel les médecins de l’hôpitalontégalementparticipé.

Ces deux années, nous avons vu les images des travailleurs de la santé dans le monde entier, en Italie, en France, aux États-Unis, des médecinshéroïques de Cuba.

Nous avons vu le miracle de la science, les possibilités qui existent aujourd’hui de trouverenquelquesmois des vaccins qui sauvent des millions de vie, maisceux-ci deviennentunemarchandise, avec des brevets pour les profits des multinationales.

Nous avons vu le contrasteénorme et barbare des fosses communes des pauvres de New York, tandis que les quelques riches capitalistesvoyagent dans l’espace pour s’amuser.

Cetteexpérienceest pour nous un énormehéritage pour les grandesbatailles que nous devonsmener à partir de maintenant, à la foiscontre les plans du gouvernement pour la poursuite de la privatisation du système de santépublique, et contre la poursuite des restrictions sur l’actionsyndicale.

Les militants de la santé de Grècecontinueront la lutte, avec les syndicats de classe des travailleurs du monde entier, pour unesociétéoù la santé sera un droit pour tous et oùsesréussitesappartiendront au peuple et améliorerontsa vie.

Print Friendly, PDF & Email
Share.

Comments are closed.